REFORME TERRITORIALE : HARMAND CONTRE LE TOULOIS... ET POUR DE MAUVAISES RAISONS
Les choses sont claires désormais. Dans l’édition de l’Est Républicain en date du 3 août, Alde HARMAND prend position pour la constitution d’une « méga-région » Champagne-Ardenne, Lorraine, Alsace. Notons qu’il aura tout de même fallu que nous nous étonnions de son silence sur un sujet pourtant fondamental pour que celui-ci daigne donner son (funeste) avis.

Avec son sens habituel de la nuance, A. HARMAND nous accuse de mener un « combat d’un autre âge ».
Ainsi, défendre le poids politique et économique du Toulois, c’est un combat d’un autre âge ? Défendre la ruralité et l’équilibre entre les territoires, c’est un combat d’un autre âge ? Nul doute que les habitants de Toul au même titre que ceux des petites communes périphériques apprécieront…
Une fois passée l’invective, le seul argument développé par A. HARMAND est d’ordre économique. L’agrégation des régions Alsace, Champagne-Ardenne et Lorraine donnerait naissance à une région plus riche. En valeur absolue, cela sera nécessairement le cas mais c’est un raisonnement trompeur. En guise d’exemple, la Seine Saint-Denis est l’un des départements les plus riches de France tandis que sa population compte parmi les plus pauvres.
La vraie richesse est celle rapportée au nombre d’habitants. Or, en la matière, la nouvelle méga-région ne sera pas plus riche que la Lorraine actuelle. Faut-il rappeler que la région Champagne-Ardenne est en grande difficulté ? A l’exception des zones de production du champagne, ce territoire est marqué par une désindustrialisation profonde dont la page n’a toujours pas été tournée. Démographiquement, la Champagne-Ardenne est la seule région à perdre des habitants.
En réalité, seule l’Alsace peut être considérée comme une région « riche ». Donc en suivant le raisonnement purement économique du Maire de Toul, le seul rapprochement souhaitable serait celui de la Lorraine avec la seule Alsace. Ce à quoi les Alsaciens ne s’opposent pas d’ailleurs… au contraire de la « méga-région » contre laquelle ils sont vent debout !
L’argument économique plaide en réalité pour que la Lorraine approfondisse ses liens avec le Luxembourg (autrement plus riche que la Champagne-Ardenne…) dans le cadre de la Grande Région dont la construction se fait lentement mais sûrement. Nul besoin d’être un grand économiste pour observer que la Champagne-Ardenne regarde vers Paris (surtout depuis l’arrivée du TGV qui fait de Reims une quasi banlieue de la capitale), tandis que l’Alsace regarde vers l’Allemagne… et la Lorraine vers le nord. Voici donc le mariage du siècle : trois régions qui regardent dans trois directions différentes.
Pour finir, étant sûrement à cours d’éléments, A. HARMAND sort de son chapeau des chiffres complètement fantasques que l’on aimerait bien croire… mais qui sont malheureusement honteusement erronés.
Le Toulois serait le 2ème bassin économique de Meurthe et Moselle ? FAUX. Le Maire (et aussi Vice-Président au développement économique de la CCT) s’appuie sûrement sur des chiffres antérieurs à la fermeture de Kléber… Le Toulois est malheureusement distancé par le bassin de Briey-Jarny qui profite de l’implantation de la SOVAB, premier employeur privé du département.
Le Toulois serait le 1er bassin en terme d’évolution démographique ? ARCHI FAUX. Le bassin nancéen est le seul à être bénéficiaire en habitants, devant le bassin de Longwy qui limite la casse grâce à la proximité luxembourgeoise. Quant à Toul, la ville est dans le peloton de queue : - 7,4% d’habitants en 2013.
Alors, M. HARMAND, méconnaissance des dossiers, incompétence, ou mensonges pour soutenir une réforme qui va accélérer le déclin toulois que vous n’avez jamais réussi à enrayer ?



































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