LE JUMELAGE : qu’est-ce que c’est ?
Alors que la polémique ne cesse d’enfler concernant le pseudo jumelage de notre ville avec GÖLPAZARI, voici quelques éléments pour mieux comprendre ce qu’est un JUMELAGE entre communes.
Définition
Voici la définition du jumelage donnée par la « charte des Villes jumelées » de 1957 :
« Lien qui unit, dans un esprit d'égalité et de réciprocité, des populations entières de deux ou plusieurs pays différents en vue de favoriser le contact des personnes, l'échange des idées, des techniques, des produits. Il est un instrument de culture populaire et de formation civique internationale, et il ne saurait être détourné de son objet à des fins personnelles ou partisanes ou politiques. »
A la seule lecture de cette définition, il apparaît déjà que l’initiative de la municipalité en direction de GÖLPAZARI est pour le moins problématique…
Un peu d’histoire
L’histoire du jumelage dans notre pays connaît trois grandes périodes.
Le concept de jumelage naît au lendemain de la seconde guerre mondiale, en 1951, avec la création de l’Association du Monde Bilingue. Cette association, fondée par Jean-Marie BRESSAND, figure de la Résistance, promeut l’éducation bilingue comme élément de compréhension entre les peuples.
Les premiers jumelages sont ainsi des jumelages dits de « réconciliation ». En 1950, Montbéliard et Ludwigsbourg scellent le premier jumelage franco-allemand. En 1963, année de la signature du Traité de l’Elysée qui scelle la réconciliation entre les deux ennemis d’hier, plus de 120 jumelages franco-allemands sont recensés.
Puis, vient la période des « jumelages de paix » alors que l’Europe vit à l’heure de la guerre froide. Certaines villes françaises manifestent ainsi leur solidarité avec les populations des pays d’Europe de l’Est. Par dessus les diplomaties des Etats, certains élus locaux veulent « maintenir une fenêtre ouverte » avec les populations vivant de l’autre côté du rideau de fer.
Enfin, apparaît à partir des années 1970 la forme de jumelage que nous connaissons aujourd’hui, le « jumelage de coopération ».

Comment ça marche ?
C'est la loi d'orientation n° 92-125 du 6 février 1992 relative à l'administration territoriale de la République qui, sous les termes de coopération décentralisée, a unifié le régime juridique applicable aux différents types de liens unissant les collectivités territoriales françaises et les autorités territoriales étrangères.
Les collectivités locales ne peuvent contracter en ce domaine que « dans les limites de leurs compétences et dans le respect des engagements internationaux de la France ».
Les conventions qu'elles concluent à cet effet entrent en vigueur dès leur transmission au représentant de l'Etat, qui exerce le contrôle de légalité sur ces actes. Est-ce que cela a été le cas dans le cadre du jumelage avec GÖLPAZARI ? Rien n’est moins sûr…
Après son acceptation dans le principe, encore faut-il que le jumelage prenne vie concrètement. Plusieurs étapes doivent donc être franchies :
Rédaction d’un serment de jumelage : rédigé dans chacune des langues, il est le texte fondateur du jumelage. Il doit exprimer la volonté commune des deux villes ;
Implication de toutes les structures, toutes les associations, toutes les couches sociales de la commune afin qu’elles puissent participer aux échanges et aux rencontres ;
préparation d’un programme d’activités et d’échanges
En conclusion, un jumelage réussi est un travail de longue haleine, mûri et réfléchi en amont avec le souci d’impliquer toutes les forces vives de la ville. En cela, l’initiative portée en catimini avec GÖLPAZARI augure d’un avenir de coopération plus qu’incertain.


































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